La
trahison des économistes de Jean-Luc Gréau La crise, ses étapes et les dogmes qu’elle ébranle Qu’est-ce que cette fameuse "concurrence", supposée avoir remède à tout ? La vénérable théorie des avantages
comparatifs, justifiant l’ouverture mondiale des échanges, est-elle toujours valable ? Vivons-nous réellement dans une "société post-industrielle" ? Comment fonctionne la sphère financière ?
Autant de questions clés que Jean-Luc Gréau aborde dans son ouvrage.
Emission proposée par : Jean-Louis Chambon Référence : PAG494 Adresse de cet article :
http://www.canalacademie.com/La-trahison-des-economistes-de.html
Date de mise en ligne : 12 octobre 200
La trahison des économistes est pour Jean-Luc Gréau, principalement intellectuelle : « des pratiques
opportunistes » comme il l’explique, pour « saisir des fragments de réflexions des grands maîtres » (dont on revendique l’héritage), tout en les détachant de leur contexte, travestissant Smith
Mill, Schumpeter, oubliant Malthus, ruinant Keynes (qui n’a jamais prôné le laxisme inflationniste et l’excès de la redistribution…). « L’originalité monstrueuse du nouveau capitalisme résulte
de cette expérience néo libérale, pétrie d’idéologie traditionnelle et servie par des instruments keynésiens… ». Il est vrai qu’un vent mauvais souffle sur les économistes contemporains, sur
leur pensée, sur leur science (1). Les désillusions sont à la hauteur des espérances que la politique économique a fait naître : envolées les promesses de réponse et de choix clair pour les
grandes questions (emploi, retraite, compétitivité etc.). Les désaccords des experts ultra médiatisés et politisés sonnent comme des aveux d’impuissance et de sérieux. Le négationisme
économique (2) progresse, annonciateur d’un chaos. L’incapacité de ces conseillers des princes à résoudre les problèmes concrets les décrédibilise ainsi que la théorie économique. La diversité
est perçue comme un désordre et le consensus cher aux praticiens apparaît comme une volonté du rejet des débats de fond, accompagnée d’une prétention dominatrice de la pensée libérale. Bref !
pour l’auteur les cercles (des Economistes) ne tournent plus rond ! S’ensuivent des éléments de réponse pour la nouvelle Economie, (en attendant un autre grand théoricien) : promouvoir des
idées nationales sans alignement automatique sur les standards internationaux, rechercher les réalités cachées dans l’économie réelle (la dérégulation ne garantit pas la concurrence et les
marchés financiers n’en ont cure…). Défendre les intérêts et les valeurs de l’Europe. Cette contribution décapante à la nécessaire introspection des pensées économiques ne saurait pourtant
ignorer les efforts continus de pédagogie réalisés par nos économistes dans un univers d’inculture notoire : une société a les élites et les économistes qu’elle mérite... L’humilité doit rester
la règle : les grands anciens, Keynes (3), Karl Popper (4) n’ont-ils pas les premiers, évoqué les limites de leur science (humaine et donc perfectible). Rien n’est donc perdu d’autant que les
apports nouveaux d’autres disciplines, la psychanalyse (5) ou la philosophie (6) pourraient ouvrir d’autres pages de cette grande histoire. Jean-Luc Gréau, économiste Jean-Luc Gréau, économiste
Jean-Luc Gréau est économiste, auteur politique, proche des organisations patronales.