Portail d'accès à l'information économique, politique et sociale pour les classes de seconde, 1ère ES1/ES2 et TES1 du Lycée Victor DURUY 2, avenue de Nonères BP 109 40002 Mont-de-Marsan Professeur : Eric FRICOT
« Mais l’important n’est pas dans ces péripéties. L’important n’est pas que Carolis et ses hommes décident, sans l’ombre d’une explication, de tuer Arrêt sur images.
L’important, c’est qu’ils ne sont pas effleurés par l’idée que cette émission remplissait une mission indispensable de service public. L’important, c’est qu’ils renoncent impunément, sans un soupir, à cette mission : critiquer à la télévision, avec les armes de la télévision, le pouvoir des images.
Cette mission était, en 1995, au coeur du projet de chaine de la connaissance. C’était après la première guerre du Golfe, et ses dérapages en direct. C’était après la fausse image du faux charnier de Timisoara. Ceux qui avaient imaginé cette chaine, et s’appelaient Georges Duby ou Jean-Noël Jeanneney, avaient voulu voir si on pouvait retourner le monstrueux outil contre lui-même. Ils ne savaient pas très bien comment faire. Cavada, premier président, m’appela. "Ca vous tente ?" Je n’en avais pas la moindre idée, mais oui, ça me tentait. J’avais tout de même une intuition. Pour dépouiller les images de leur pouvoir, il fallait les arrêter.
Mais je ne vais pas tout vous raconter.
[...] Au fond, la question n’est pas : pourquoi s’arrête Arrêt sur images ? La question est : pourquoi ne s’arrête-t-elle que maintenant ? Comment avons-nous fait, pour tenir douze ans ? "Si je touchais à l’émission, j’aurais l’impression d’être liberticide", nous disait, souriant et un peu étonné lui-même de cette drôle d’impression, Jean Mino, qui fut le premier directeur des programmes de la chaine, à sa création. Puis, vinrent d’autres hommes, qu’effleura sans doute la même impression.